Un hôpital Jardin adepte de l’agrothérapie

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Un hôpital Jardin adepte de l’agrothérapie

Un hôpital Jardin adepte de l’agrothérapie

LE CHU d’Angers fait de l’agrothérapie avant même que le terme soit vulgarisé. Visite d’un village hospitalier de 35 ha conçu pour que les arbres et les plantes soulagent le stress et améliorent le bien-être de tous les usagers.

Gérard Guilloton, responsable depuis 1991 de l’unité jardins espaces verts (direction des services économiques) du Centre hospitalier régional d’Angers, précise son objectif :

« La mise en œuvre des espaces verts est déterminante sur le caractère de l’établissement : c’est le premier coup d’œil du visiteur. L’environnement du site doit respirer la vie par ses couleurs ses formes, son attrait pour être une aide à tous ceux qui y circulent : malades, personnels hospitaliers, visiteurs de malades ou venant en consultation. »

Le caractère architectural du site détermine l’action du service : mettre en valeur les bâtiments et leur donner plus d’identité, créer une liaison entre les différentes unités, masquer certaines zones.

Au-delà, Gérard Guilloton revendique une action culturelle et de loisirs, notamment par la mise en valeur du patrimoine architectural.

« C’est aussi un espace où les usagers de toutes catégories peuvent s’évader et en même temps s’enrichir d’une culture végétale. J’ai démarré depuis quelques années la pose d’étiquettes informatives au pied d’arbres et de plantes dans des zones très fréquentées, par exemple l’accès à la chapelle devenue centre administratif. »

Des patios intérieurs

Le plateau ouest nouvellement construit, l’hôpital Dieu, la chapelle Sainte-Marie en restauration et l’hôpital Larrey constituent une vitrine sur la ville en bordure des facultés de médecine et de pharmacie.

L’architecte a fait participer l’équipe des espaces verts à la conception, ainsi la cafétéria est-elle noyée dans la verdure.

L’hôpital Larrey accueille outre les consultations et les salles d’examen des lieux d’hospitalisation. Des patios intérieurs équipés en mobiliers de jardin, en l’occurrence fermés à la circulation, sont tout indiqués pour rompre la monotonie des couloirs et apporter de la gaieté.

Chacun a été conçu dans un style différent selon l’inspiration des équipes du SEV. Ces patios sont des espaces végétaux isolés, constituant autant de cocons qui reposent la vue et l’esprit à l’intérieur d’un hôpital.

Le premier patio, aménagé en plantes vivaces, a depuis été modifié pour apporter davantage de couleurs.

« Geneviève Chaudet de l’Atelier Floral nous avait conseillé pour la production et l’installation de plantes en hydroculture ; elle a également installé la bambouseraie dans la chapelle. »
Le deuxième patio, d’inspiration orientale, joue sur les contrastes entre les formes, les hauteurs, et les teintes de vert. Le troisième évoque l’Amérique du sud, le quatrième, au départ un jardin romain, devra être remodelé. « Les contraintes sont multiples, outre celles liées à un environnement hospitalier : exposition, difficulté d’accès, entretien ralenti par l’absence de point d’eau à proximité. »

Privilégier la détente ou La nature en ville

Sur un autre plateau, le patio du service des urgences, datant de la fin des années 80, a été restructuré avec ses deux tonnelles, ses tables et ses sièges.

Les contraintes du choix des végétaux (surtout éviter les plantes toxiques) et de l’organisation des chantiers (bruits, poussière, microbes, horaires d’intervention) n’empêchent pas des initiatives.

Les chambres des soins intensifs cardiologiques, de plain-pied, bénéficient d’un jardin collectif isolé par des haies hautes de Cupressus.

L’entretien des plantes dans les halls est fait par le SEV, mais le personnel occupant doit être motivé pour y participer spontanément « Les plantes ne sont pas seulement là pour décorer mais pour le bien-être de chacun. », conclut Gérard Guilloton.

L’agrothérapie contre le stress

L’ influence bénéfique qu’exercent les jardins et les plantes dans les hôpitaux et d’autres établissements de santé n’est pas une découverte récente Au Moyen-Âge déjà, en Occident et en Orient, des jardins étaient présents dans les environnements médicaux. Des recherches abordent aujourd’hui le sujet de manière scientifique*.

À côté des jardins d’extérieur, des atriums et d’autres formes de végétalisation intérieure sont mises au goût du jour par les architectes et les gestionnaires d’établissements. Au-delà de l’impact direct de cette ambiance végétale sur les malades, les efforts réalisés sont très appréciés par le personnel.

*Pour en savoir plus sur les hôpitaux anti-stress « fonctionnels hygiéniques agréables et relaxants », notamment sur les indications cliniques des travaux récents, consultez l’étude sur le site de Plants for People. www.Plants-for-People.org

Repères

Les espaces verts du CHU d’Angers couvrent 12 ha sur un ensemble de 40 ha. Ils emploient treize salariés dont un apprenti à mi-temps, avec huit personnes en extérieur et quatre en production et décoration florale intérieure. Les plantes à massif (en micro-mottes rempotées) et les plantes fleuries (finies) sont majoritairement achetées auprès de producteurs locaux.

Des plantes pour améliorer les conditions de vie.

Créée par la paysagiste d’intérieur Geneviève Chaudet, l’association angevine Plant’AIR PUR (Plant’ Association Innovation Recherche Promotion Univers Respirable) souhaite « favoriser la dépollution de l’air et promouvoir l’utilisation des plantes dans la vie quotidienne en démontrant leur rôle déterminant dans la qualité de l’environnement intérieur. »

Très impliquée dans les aménagements du CHU d’Angers, Geneviève Chaudet argumente :

« Les puissantes vertus dépolluantes des plantes ont été mises en valeur par une étude commanditée par la Nasa. Plant’Air Pur s’inscrit dans la droite ligne de l’association internationale, Plants for People, qui milite au niveau Européen pour renforcer le bien-être grâce aux plantes vertes sur le lieu de travail et dans d’autres lieux de vie comme les hôpitaux et les écoles. »

Les adhérents de toute la France, sont issus de sept familles : production, commercialisation, architecture et métiers du bâtiment, santé et environnement, recherche, enseignement, utilisateurs de végétaux.

Plant’Air Pur est désormais partie prenante dans un programme de recherche baptisé Phytair, pour lequel une subvention a été accordée par la région des Pays de la Loire et une autre par la Région Nord-Pas-de-Calais.

Le Centre Scientifique des Techniques du bâtiment à Nantes y collabore avec l’unité de physiologie végétale de la faculté de paramécie de Lille. Les premiers essais du CSBT, avec Chlorophytum, donnent des résultats encourageants.

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