Hoodia gordonii, coupe faim miracle ou arnaque ?

Hoodia gordonii, coupe faim miracle ou arnaque ?

Hoodia gordonii, coupe faim miracle ou arnaque ?

Le Hoodia gordonii est un petit arbuste (que l’on désigne souvent à tort comme étant un cactus, mais ce n’est pas parce que ça pique que c’en est un…) qui est censé supprimer l’appétit, c’est du moins ce qui fait toute sa renommée.

Mais il semble que son principal bioactif (le P57, une molécule contenue dans la plante, brevetée en 1996) ne peut pas facilement atteindre le cerveau pour remplir le rôle qu’on lui attribue.

En théorie, le hoodia gordonnii est une plante unique sensée agir sur l’hypothalamus en lui envoyant un message de satiété, mais mis à part les échecs à réduire l’appétit mis en avant par les études scientifiques, il peut aussi s’avérer légèrement toxique.

Qu’est-ce que le Hoodia Gordonii ?

Le Hoodia gordonii est une petite plante succulente (capable de survivre dans des milieux arides) appartient au genre Hoodia de la famille des Apocynacées, originaire du désert du Kalahari.

Il est aussi connu sous le nom de Hoodia, de Cactus amincissant ou encore deStapelia gordonii. Il n’est pas à confondre avec un cousin éloigné : le Garcinia Cambogia (un autre coupe-faim parfaitement inefficace, mais très populaire).

Forte de son succès, les producteurs l’ont déclinée sous de nombreuses formes, ainsi vous en trouverez sur le marché en pilules, capsules, jus, complexes, comprimés à mastiquer, compléments alimentaires, thé, sprays, des sucettes (oui oui), etc..

Un pseudo cactus miracle bon pour votre régime ?

Cette plante est utilisée comme source de nourriture et coupe-faim naturel (pour supprimer l’appétit et la soif, afin de rendre la souffrance de la famine un peu plus supportable) notamment par les Sans de Namibie.

C’est ce qui explique que les gurus du marketing, sans cesse à la recherche de la prochaine pilule coupe-faim à la mode ont jeté leur dévolu sur cette plante, en raison de ses potentiels effets suppresseurs d’appétit.

La science elle nous dit quoi ?

La première introduction du Hoodia en Europe et en Amérique du Nord fut basée sur des études préliminaires, forcément prometteuses, réalisées par la société productrice du Hoodia.

La seule étude indépendante sur le Hoodia a noté que la dose active recommandée pour un complément non seulement ne réduisait pas l’appétit, mais était également associée à certains effets toxiques, légers et irréguliers certes, mais qui méritent d’être pris en compte en amont.

Voici l’étude en question, réalisée en double aveugle sur 49 femmes en surpoids, âgées de 18 à 29ans sur 2 semaines.

1 110 mg d’un supplément de hoodia (79,5 % de glycosides stéroïdiens) étaient administrés deux fois par jour (chaque fois une heure avant un repas) pendant 15 jours chez les femmes légèrement en surpoids en milieu clinique.

Ont été notées des réductions de l’apport énergétique dans les deux groupes (placebo de 18 % et hoodia de 24 %), la différence n’étant pas significative.

On a également observé une augmentation du pouls et de la tension artérielle sur le groupe complémenté par le Hoodia, la bilirubine et l’ALP ont augmenté de la même façon.

Résultat : aucun changement sur les niveaux d’énergie ou la perte de poids, oups…

Mince, alors “quand ça ne marche pas : on sort les rats !”

Chez les rats soumis à une dose 6,25 à 50 mg/kg isolée de triglycoside, le poids corporel semble être atténué, ce qui est considéré comme secondaire à la réduction de l’apport alimentaire.

Il semble y avoir quelques petits essais (que je n’ai étonnamment pas trouvé en ligne, mais mentionnés dans ce rapport) qui se sont révélés prometteurs, mais qui ont aussi été financés par PhytoPharm, un producteur de suppléments Hoodia gordonii (quelle surprise).

En clair : aucune preuve humaine n’appuie l’effet de perte de poids du hoodia.

Possiblement toxique de surcroit ?

Cette plante semble par ailleurs être une source d’une grande quantité (plus de 30) de glycosides (des toxines végétales ou phytotoxines très répandues) stéroïdiens, qui ne font cependant l’objet d’aucune recherche.

Donc on résume, on est face à un complément alimentaire qui :

  • présentent des effets toxiques possibles chez l’homme (confirmés chez la souris), le sujet demande des études complémentaires pour être statué
  • est inefficace pour remplir son rôle premier de coupe-faim naturel et réduire l’appétit
  • manque cruellement d’études scientifiques pour l’appuyer
  • possède un discours commercial qui repose sur le fait que les “Bushmen” (des indigènes) en mangent pour atténuer les symptômes de la famine…

À vous de voir si vous jugez ce supplément comme indispensable…je ne saurais vous le recommander.

Par ailleurs, il est important de noter qu’il peut interagir avec les enzymes du métabolisme des médicaments, si vous êtes sous traitement et que vous envisagez de prendre du Hoodia Gordonii (à éviter à tout prix chez les diabétiques), je vous conseille fortement d’en discuter au préalable avec le doc’ !

Comment prendre du Hoodia ?

Si toutefois vous voulez l’essayer, parce que vous jugez que de toute manière, vous avez bien trop d’argent et qu’il est plus facile de croire en une pilule magique que d’appliquer de vrais changements dans un mode de vie, voici la posologie recommandée.

Les doses recommandées ont tendance à tourner autour d’un gramme d’un extrait de 70% ou plus de glycosides stéroïdiens, pris deux fois par jour, une heure environ avant un repas.

Il n’y a aucune preuve pour suggérer une dose optimale ni pour appuyer le fait que la dose ci-dessus est active, et la dose toxique chez la souris (ainsi que des preuves préliminaires chez l’humain) est exactement la même que la dose supplémentaire.

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